Passions amoureuses par l’atelier lyrique!

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Les étudiants de CPGE, accompagnés de leurs professeurs, ont assisté à un oratorio de Monteverdi, Le combat de Tancrède et Clorinde et à l’opéra de Purcell, Didon et Enée. De la musique baroque, une mise en  scène moderne pour ces drames passionnels au temps des croisades ou de l’Antiquité. Hume, Balzac et Racine n’étaient pas bien loin … incertitude de l’amour, orgueil, fin tragique sur la scène du théâtre municipal de Tourcoing!

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« J’aime me mettre dans la peau de Lena Deluxe »

 

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Enfin l’interview intégrale de Lena Deluxe  ! Merci à Olivier Pernot, le journaliste qui anime l’atelier pour la troisième année, d’avoir guidé les élèves et achevé la rédaction de l’interview.

Merci à Lena Deluxe d’avoir mis le lien du blog Cobertculture sur son site !

Un look décontracté, guitare à la main, la chanteuse roubaisienne passe la grille du lycée Colbert : elle vient présenter son album Mirror For Heroes aux jeunes journalistes de l’atelier Passe Ta Chronique d’Abord / Le Grand Mix. Naturelle et détendue, la jeune femme dévoile avec générosité son univers rock et ses inspirations sixties.

 

 

Méline : Voulais-tu devenir chanteuse quand tu étais enfant ou avais-tu une autre ambition ?

Mon rêve de petite fille était de devenir actrice et j’ai suivi des études de théâtre. Mais j’ai baigné dans la musique très jeune. J’en écoutais et j’en jouais. C’est dans ce domaine que j’ai eu des opportunités. Et ça a pris de l’ampleur. Bref, je n’avais plus de temps pour le théâtre. Je n’ai pas choisi la musique, c’est la musique qui m’a choisie (rires).

 

Brice : Qu’écoutiez-vous comme musique quand vous étiez adolescente ?

J’écoutais des disques que j’assume, venant de mes frères, comme les Doors, et de ma mère avec Cat Stevens. Mais j’aimais aussi des trucs un peu honteux comme les compilations 100% Dance Machine, très à la mode quand j’étais en 6ème… J’ai même eu une période Worlds Apart : c’était un boys band, les One Direction de l’époque. Je me souviens que mon frère m’avait offert un disque de Diana Ross, une chanteuse soul très connue, de la Motown. J’étais dégoûtée parce que je voulais un CD 100% Dance Machine (rires). Et finalement, c’est Diana Ross que j’écoute encore maintenant !

 

Tristan : Ma famille a eu du mal à accepter que j’écoute du rap. As-tu eu ce genre de problème avec tes parents ?

Je n’ai pas eu trop de soucis. Ma mère m’a toujours laissée écouter ce que je voulais. Je pense que si j’avais écouté de la techno à fond, dans ma chambre, ou du rock extrême, ça aurait posé plus de problèmes. J’ai eu de la chance.

 

Jean-Philippe : Pouvez-vous nous raconter un fait marquant de votre adolescence ?

Waouh ! (silence) C’est personnel cette question. L’adolescence n’est pas la période préférée de ma vie. C’est une période où on est dur entre ados, et je ne faisais pas partie des gens cool et populaires du lycée. Un fait marquant ? Je ne veux pas plomber l’ambiance, mais j’ai perdu mon père à ce moment là. Ça m’a marquée énormément… La musique m’a permis d’exprimer ce que je ressentais : j’ai commencé à composer des chansons.

 

Tristan : Etais-tu sérieuse au lycée ?

J’étais souvent collée. Quasiment tous les mercredis. Mais je ne n’étais une rebelle. J’étais juste tout le temps en retard. Et ça n’a pas changé aujourd’hui : je ne suis jamais à l’heure. Je bavardais beaucoup, et ça aussi, ça n’a pas changé ! Sinon, au lycée, je n’ai pas fait grand-chose en seconde et je me suis ressaisie en première et en terminale.

 

Loïc : Est-ce que ta famille t’a soutenue quand tu as décidé de faire de la musique ?

Oui, sans aucun problème. On ne m’a rien imposé. J’avais envie et j’ai fait des études de théâtre après le lycée. Ma mère m’a laissé faire et m’a fait confiance là-dessus. C’était assez cool. Après, c’est sûr qu’il faut convaincre : tant que tu ne passes pas à la télé une fois, personne ne croit trop à ce que tu fais… Mais c’était plus les amis de ma mère, que ma mère elle-même. Elle, elle m’a laissé faire mon truc. Mais à partir du moment où tu as un article dans La Voix du Nord ou que tu passes à la télé, tu as du crédit. Alors que cela ne veut rien dire dans une carrière. Mais les gens ont besoin que tu sois accepté publiquement en tant qu’artiste.

 

Joey : Qu’est-ce qui vous inspire pour l’écriture de vos chansons ?

C’est ma vie, je pense. Les expériences, en amour par exemple. Après, plus je vieillis, plus je suis inspirée par des faits extérieurs. Il y a des choses dont j’ai envie de parler, qui ne sont pas forcément personnelles. Des choses un peu plus politiques, sur les femmes par exemple, sur la condition de la femme. Mais je m’inspire en général de faits personnels, des histoires qui me sont arrivées, souvent des choses assez négatives que j’ai besoin de sortir de moi.

 

Cyril : Est-ce que tes voyages ont influencé ta musique ?

Peut-être pas directement ma musique, mais ma vie, ma manière de voir les choses. Je pense que tout le monde devrait voyager. Tu te rends compte qu’il y a plein de personnes qui ne vivent pas du tout comme toi. On le sait, mais quand tu vas voir, que tu le vis, ce n’est pas pareil. Tu rencontres plein de gens différents. Les voyages et ces rencontres te donnent une plus grande ouverture d’esprit. Alors cela t’inspire d’une certaine manière. La Californie a été très inspirante pour moi. C’est un endroit où il a plein de groupes que j’ai beaucoup écoutés. Et j’ai le projet d’aller à Los Angeles quelques mois parce que c’est inspirant d’être auprès de cette scène de musiciens que tu estimes musicalement.

 

Olivier : Où as-tu eu l’occasion de voyager ?

Aux Etats-Unis, à New York et en Californie. En Afrique aussi, au Togo et un petit peu au Bénin parce que mon frère a travaillé là-bas pendant quelques années. C’était vraiment très inspirant d’aller en Afrique. Justement, pour mon prochain album, j’ai envie d’avoir des rythmiques africaines, des morceaux qui évoquent la transe. J’ai fait un voyage l’année dernière au Maroc, et j’ai aussi eu l’occasion d’aller en Inde. Sinon, évidemment un peu partout en Europe. En fait, j’ai pas mal bougé !

 

Auxane : Comment décris-tu ton style musical ?

Je dirais que ma musique est rock, mais elle a aussi un côté folk. Un aspect sixties. Et certains morceaux sont très pop. Cela dépend en fait, car en concert, ma musique est plus rock que sur disque.

 

Olivier : Sixties, cela veut dire quoi dans ta musique ?

Cela représente toute la mouvance américaine de l’époque. Dans ce son de guitare, très particulier, les sons de batterie, la production des enregistrements. Mon album a été enregistré avec une console analogique, directement sur des bandes. Sans utiliser d’ordinateur. Cela donne un son comme à l’époque, plus chaleureux, plus doux, moins agressif, moins compressé. Enregistrer en analogique est beaucoup plus compliqué et plus cher car il faut aller dans un studio d’enregistrement. Alors qu’en numérique, tout le monde peut enregistrer chez soi avec son ordinateur, un logiciel et un micro. Mais l’analogique, cela ne donne pas du tout le même son et cela ne nécessite pas le même savoir-faire.

 

Olivier : Les instruments de tes musiciens aussi sont sixties.

Dans le groupe, nous avons vraiment des instruments typés de l’époque. Moi, j’ai une Rickenbacker. C’est la guitare qu’utilisaient les Beatles. J’ai un clavier moderne, mais qui reproduit des sons anciens. Le choix des amplis pour les guitares, le choix de ton instrument, c’est un peu comme le choix de tes fringues. C’est le style que tu veux faire passer. Quand tu démarres et que tu n’as pas d’argent, tu achètes ce que tu peux. Ma première guitare et mon premier ampli étaient juste les moins chers. Et puis, au fur et à mesure, comme la musique est ta passion, tu manges des pâtes pendant quatre mois pour t’acheter la guitare que tu désires… et tu es content !

 

Khadija : As-tu déjà écrit des textes en français ?

Je suis justement en train de travailler sur une chanson. Un duo français/anglais que je veux faire avec un chanteur américain. J’aurais aimé que ce soit Luke Temple du groupe Here We Go Magic avec qui j’ai joué pendant une tournée. Mais le morceau est trop aigu pour sa voix. Alors il faut que je trouve quelqu’un d’autre. Ecrire des chansons en français, ce n’est pas évident, surtout dans le style que je fais. Cela sonne tout de suite « rock français ». C’est fou : en changeant de langue, la même chanson ne rend pas pareil ! Et ma voix n’est pas du tout la même car il y a plein de nasales en français. C’est dur à faire « sonner ». En français, il y a beaucoup de « on » et de « ein » et ça sonne beaucoup moins bien qu’en américain, où la bouche va plus vers le bas. Il y a des diphtongues et du coup, c’est assez musical.

 

Hélène : Pourquoi avez-vous cette envie d’utiliser le français maintenant ?

J’ai découvert plusieurs groupes un peu psyché et qui chantent en français. Je les trouve plutôt bons et finalement, ils me font un peu changer d’avis sur le français. On m’avait déjà proposé de faire tout mon album en français. Mais j’ai refusé. Je n’avais pas envie de faire ça. Après, c’est vrai qu’en France, c’est très difficile de chanter en anglais parce que les radios ne passent pas tes morceaux ou très peu. Elles doivent respecter des quotas de chansons en français. C’est dommage de ne pas s’ouvrir plus maintenant. Ce n’est pas pour ça que la langue française va être abandonnée… Mais qu’on laisse tranquille ceux qui veulent chanter en anglais et qu’on les diffuse en radios. Surtout quand c’est du rock. Faut arrêter les quotas, là maintenant ! (rires)

 

Frank : Y a-t-il des artistes français que tu aimes bien, et qui chantent en français, comme Bertrand Belin, Baden Baden ou Feu Chatterton ?

Baden Baden, ce sont des copains donc je ne suis pas forcément objective. D’ailleurs, je préférais leurs débuts quand ils chantaient en anglais. Maintenant, ça me fait bloquer justement leurs paroles en français. Feu Chatterton, j’en entends beaucoup parler mais je n’ai pas écouté particulièrement. Bertrand Belin, j’aime vraiment. C’est un des seuls chanteurs français que j’ai vu où je me suis dit : « Wouahhh ! ». Je n’ai même pas réfléchi à la langue en fait. C’était juste bien.

 

Hélène : C’est un écrivain aussi. Il raconte des histoires dans ses chansons. Il y a une ambiance.

Il arrive à avoir son propre univers. Comme toute la clique des artistes français psyché dont je parlais tout à l’heure : Moodoïd, Melody’s Echo Chamber. Récemment, j’ai découvert Chocolat, un groupe québécois qui réussit complètement à faire de la musique psyché rock en français. Ça sonne super bien. Ces musiciens ont la culture américaine beaucoup plus que nous puisqu’ils sont à côté et ils arrivent à faire sonner le rock en chantant en français. C’est cool.

 

Méline : Parmi tes chansons, laquelle préfères-tu et pourquoi ?

Il y a des chansons que je préfère jouer en live, mais sur mon album, la plus grosse réussite, c’est la chanson « Ink ». Le producteur a bloqué dessus et on y a passé beaucoup de temps. Des heures et des heures. Il est allé au bout de ce morceau. Alors qu’il y a des morceaux, nous avons fait plus vite. Et je le sens. J’aime beaucoup « Ink ». Ce titre a un côté ritournelle qui est atemporel. Il ressemble presque à une ballade médiévale. C’est un morceau qui touche plein de personnes très différentes. Des personnes plus âgées, des jeunes. Il a cette mélodie, un peu comptine, hors des styles. C’est une mélodie… populaire. J’aime ce morceau et j’aime le jouer en live.

 

Owen : Avec quel artiste aimerais-tu collaborer ?

J’aimerais bien faire un morceau avec Kevin Parker du groupe australien Tame Impala. Ce serait plutôt pas mal. Il est aussi producteur et il a travaillé sur l’album de Melody’s Echo Chamber. C’est sa petite copine, une Française. Sinon, il y a Allah-Las, un groupe de Los Angeles. On pourrait croire que ces musiciens viennent des années 1960. Ils sonnent comme les Kinks. Ils sont vraiment dans le revival. En artiste culte, il y a Paul McCartney. Evidemment. Je suis allé le voir au printemps dernier au Stade de France. Ce n’est pas trop mon genre d’aller voir des méga concerts, mais là, pour moi, McCartney, c’est un mythe. C’est un Beatles quoi ! Et il n’en reste plus beaucoup. Mais je crois que j’aurais préféré rencontrer John Lennon…

 

Auxane : Pourquoi aimes-tu le Reeperbahn Festival à Hambourg ?

C’est un petit festival, avec plein de showcases de groupes en développement. Cela permet aux musiciens de montrer ce que tu fais même si tu n’es pas une grande star. Et de rencontrer beaucoup de professionnels. C’est l’occasion de se faire remarquer. Comme dans des festivals français comme Les Transmusicales de Rennes ou le Printemps de Bourges. L’ambiance du Reeperbahn Festival est assez spéciale, un peu bizarre, car il se déroule dans un quartier particulier, avec des sex-shops, des prostituées, des lumières qui clignotent partout. Comme un mélange entre un mini Las Vegas et Pigalle.

 

Owen : Comment prépares-tu tes concerts ?

Cela fait trois-quatre ans que nous jouons les mêmes morceaux sur scène donc nous ne répétons plus trop car nous les connaissons vraiment bien. Sinon, le soir des concerts, avant de monter sur scène, j’essaie d’avoir un quart d’heure pour moi. Tout est prêt : ma setlist, mes habits, mon maquillage. Et là, je prends un moment pour me concentrer, me mettre dedans. Je fais des petits étirements, des vocalises. Je me tape aussi un peu sur les bras si je ne suis pas assez énergique, si je suis fatiguée. Le fait de me changer, de me maquiller, est comme un rituel. J’aime me mettre dans la peau de Lena Deluxe. C’est comme un personnage. Et avec les musiciens, on se fait un petit câlin avant de monter sur scène et on boit un petit shot de vodka pour se donner du courage. Et mon bassiste nous rappelle à chaque fois la chance qu’on a d’être là, qu’il faut en profiter à fond. C’est bien qu’il dise ça. C’est une chance de faire la musique. C’est notre passion.

 

Anaïs : Comment aimez-vous vous habiller ? Votre style vestimentaire est-il en lien avec votre musique ?

Je pense que les vêtements ont toujours un lien avec la musique. Cela se passe dès l’adolescence. Je me rappelle, dans mon lycée, il y avait des familles : les métalleux, ceux qui écoutent du hip-hop ou de la techno, les gothiques, les rockeurs, etc. Les goûts musicaux se reflétaient dans leur style vestimentaire. C’est un truc social, de reconnaissance, entre personnes qui écoutent la même musique. C’est un moyen pour se sentir appartenir à un groupe. Encore plus à votre âge, à l’adolescence. Après, tu prends ton propre style. Du coup, moi, j’aime bien les habits assez hippies, des vêtements vintage, déjà portés. Des longues robes en dentelle, que tu casses avec des boots rock. Je mélange le style hippie avec le style rock. J’aime aussi les vêtements assez larges, avec des grandes manches, des franges. Une tunique un peu transparente où la lumière peut passer. Des éléments un peu chaman, mystiques, des plumes dans les cheveux. Sur scène, j’aime mettre des talons énormes, des chaussures assez hautes, car je suis assez petite. Ce n’est pas toujours évident. Mais pour une heure de concert, ça va. Et je profite de la scène justement pour mettre ces habits que je ne mettrais pas dans la vie. Il faut faire un peu rêver les gens et j’aime m’habiller pour la scène et je demande à mes musiciens aussi de ne pas venir en baskets, en tongs ou en short. Je veux qu’il y ait quelque chose de classe, qui sorte de l’ordinaire. C’est important. C’est comme le dimanche.

 

Fidélio : Tu es très influencée dans ta musique par les années 1960. Est-ce que tu t’intéresses aussi à la musique et aux groupes d’aujourd’hui ?

Oui, à fond. Je suis obligée d’être au courant de ce qui se passe. Je vais voir pas mal de concerts. C’est inspirant de savoir ce qui se fait en ce moment. Quand tu as un groupe dans ton style dont tout le monde parle, évidemment tu es curieux de savoir, de voir comment ces musiciens font leur musique, comment ils sont sur scène, ce qu’ils choisissent comme instruments. Avec les nouvelles technologies, tout a énormément évolué. Les groupes sont de moins en moins nombreux sur scène. Ils tournent sans batterie, sans basse. Il y a plein de musiciens qui utilisent des bandes, des séquences. Ça m’intéresse même si je suis un peu nulle là-dedans. Je continue à avoir mon groupe, avec guitare, basse et batterie, mais je trouve intéressant de savoir ce qui se passe. Et dans tous les styles d’ailleurs.

 

Frank : Quel est le dernier concert que tu es allée voir ?

Je crois que c’est Sean Lennon, avec son projet The Ghost Of A Saber Tooth Tiger. C’était dans mon style, rock et pop. Mais je suis aussi allée voir Ibeyi et j’ai beaucoup aimé. Ces deux filles chantent, jouent du cajón et du piano. Il y a un côté très épuré, minimal. Cela reste dans un projet indé, mais depuis que Beyoncé a posté un morceau d’Ibeyi sur Internet, ça devient énorme. D’ailleurs, j’écoute aussi d’autres musiques que du rock ou de la pop. Parfois, je mets du hip-hop chez moi, mais celui de mon époque. Je me fais des soirées à réécouter des artistes comme Outkast, Estelle ou Pharrell Williams.

 

Anthony : Quel autre genre de musique que le rock et la pop aimerais-tu chanter ?

J’aimerais bien faire des morceaux proches de l’afro-beat. De l’afro-beat psychédélique ! Seun Kuti est passé au Tourcoing Jazz Festival. Je n’étais pas là à ce moment-là, mais sa musique est vraiment à écouter. Mon répertoire actuel a beaucoup de ballades. C’est sympa, mais cela correspond à mon époque adolescente triste. Maintenant, j’ai envie de faire une musique qui fasse danser le public quand je suis sur scène. Tout en restant dans quelque chose d’un peu répétitif, de psychédélique. Comme une transe. Avec des rythmes super groovy. Et une dimension soul aussi.

 

Alexis : Pour vous, est-ce que l’art est utile à la société ?

Sacrée question ! Utile, oui bien sûr ! Justement dans les moments comme aujourd’hui où les premières subventions qui vont être supprimées sont celles de la culture. Alors que les gens ont besoin de s’évader. L’art a plusieurs buts. Il peut servir à parler des sujets de société, à faire réfléchir. L’art est politique mais sans barrières, sans limites. C’est une expression complètement libre. Et nous avons la chance d’être en France, un pays libre. Il n’y a pas de censure artistique. Dans certains pays, cela devient un acte politique de faire de l’art. L’art sert aussi à faire évader les gens, à les faire rêver. Avec ma musique, je suis plus dans ça. Quand je vais à un concert et que pendant deux heures je n’ai pas déprimé, je ressors avec l’envie de faire plein de choses. Un concert te donne une bouffée d’air frais. Il te motive. La musique a ce pouvoir très fort. Elle rassemble aussi les personnes dans une salle, pour vivre un moment tous ensemble. Quelque chose d’assez unique. Oui, je pense que l’art est très utile à la société.

 

Khadija : Quels sont tes projets ?

Je fais une tournée en Italie de dix dates en février. Mais avant, il faut que je trouve un batteur ! Vite ! Je continue à défendre mon album, jusqu’à l’été prochain. Il n’est sorti qu’en mai dernier. Et après, j’ai envie de partir à Los Angeles. De faire une pause. Parce que cela fait quatre ans que je bosse sur ce projet d’album et j’ai besoin aussi de faire autre chose. J’aime voyager. Et je veux aller dans un endroit où il fait chaud et où il se passe beaucoup de choses musicalement dans mon style. En Europe, trouver de la chaleur et du rock, c’est compliqué. Donc, j’ai envie de partir à Los Angeles quelques mois. Et y faire des rencontres artistiques. On vient d’ailleurs de me proposer de faire un petit reportage, chaque semaine, sur ma vie à LA.

 

Anthony : Est-ce que tu te vois encore chanter dans vingt ans ?

Je chanterai toujours. J’ai toujours chanté et j’ai toujours fait de la musique. Depuis que je suis toute petite. De manière professionnelle, je ne sais pas. Dans vingt ans, j’aurai 50 ans. Si dans vingt ans, je suis au niveau auquel je suis aujourd’hui, je pense que j’aurais arrêté professionnellement. C’est trop une lutte quotidienne pour te maintenir. Je ferais peut-être encore quelques concerts de temps en temps, pour me marrer. Et des disques pour mes amis. Alors que si j’ai eu une grande carrière, si je suis devenue une superstar, dans vingt ans, ouais, je pourrais encore faire des concerts et des disques. J’espère.

 

Interview réalisée par les élèves du lycée Colbert participant à l’atelier Passe ta chronique d’abord / Le Grand Mix

Petite Noir au Grand Mix pour les trois rescapés du dimanche soir !

 

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Anaïs, Khadija et Joey étaient au pied de la scène à 18h30 précises pour l’avant-dernier concert de l’atelier « Passe ta chronique d’abord » : on oublie vite Grifon en première partie et on se laisse emporter par la Noirwave du musicien, mélange inspiré d’une new wave électro lancinante et de la scansion des  rythmes afro … On adore !

Voici les écrits des élèves !

Comptes-rendus du concert de Petite Noir

« Dans un style électro contemporain à l’énergie brute du punk, petite Noir a sauvé ma soirée. On oublie très vite la voix désagréable et le rythme assourdissant de Grifon pour voyager en Afrique du Sud.

Un mélange de styles et surtout d’origines, grâce au chanteur très charismatique, Yannick Ilunga, illustrant ses propos par des scènes diffusées en arrière-plan, peut-être trop présentes.

Tel un chaman, Petite Noir ensorcèle le public. »

Joey Caure, 1S2

 

« Après la première partie peu prometteuse de Grifon et sa voix saccagée, la venue de Petite Noir, un groupe plus impressionnant, a relevé le niveau de ce 13 mars. « Life is beautiful » a rendu la soirée excellente. Yannick Ilunga, mi-Congolais, mi-Angolais, nous a emmenés en République Démocratique du Congo grâce à son film touchant.

Ce concert, new-wave électro, rap, post-punk, fut un extraordinaire moment au Grand Mix. »

Anaïs Masse, 1S1

 

«  Après la pluie, le beau temps ! C’est ainsi qu’est apparu Petite Noir suite au raté de Grifon. Avec une voix poignante, soutenue par un énorme écran derrière la scène, le sauveur de la soirée a su imposer une ambiance électrisante. Les images diffusées s’imprimaient dans les têtes, affirmant l’influence africaine du chanteur.

Sans oublier la complicité : les petits mots glissés entre deux chansons ou encore les mesures que Petite Noir offrait au public. Le grand Mix n’était plus une salle de concert. C’était une invitation à oublier, à admettre que « La vie est belle ».

Khadija Koraichi, 1S3

 

Chroniques de «La vie est belle / Life is beautiful» de Petite Noir

 « Petite Noir, un artiste surprenant par sa musique.

Jouant un style noirwave, mélange de métal, jazz, rap, new-wave, le musicien nous fait découvrir une rythmique folle avec de nombreux changements durant chaque morceau. Créant une ambiance plutôt sombre et perturbante dans certains titres, il attire de nouveaux auditeurs avec son premier album, « La vie est belle/ Life is beautiful ».

Anthony Canar, 1STI2D

 

« Originaire d’Afrique du Sud, Petite Noir présente son premier album  intitulé « la vie est belle/ Life is beautiful », un disque particulier qui invente le genre Noirwave. Ce style mélange new-wave, électro, rap et post punk et donne une ambiance sombre et marquante. On le ressent dans plusieurs titres ce qui est assez dérangeant et ne donne pas un succès fou à ce nouveau genre de musique. »

Tristan Brisoulier, 1STI2D

 

 Et aussi un compte-rendu du concert de Half Moon Run

 

« Pour finir leur tournée française, les Québécois d’Half Moon Run sont venus pour la troisième fois de leur jeune et déjà prometteuse carrière au Grand Mix. Leur premier album « Dark Eyes » ainsi que leur nouveau disque « Sun Leads Me On » leur auront permis de faire salle comble ce samedi 12 mars 2016.

Avec une aussi bonne tête d’affiche, il fallait bien un grand groupe pour assurer la première partie. Et qui de mieux qu’Aidan Knight pour ça ! Ce groupe de rock psyché aux airs de Tame Impala aura fait bouger une foule de jeunes de tous horizons.

Puis après cette petite demi-heure de plaisir, l’attente allait prendre fin. Les Québécois du moment étaient face au public tourquennois pour offrir un set énergique qui aura ravi tous les adeptes du rock indé. Si leur carrière continue sur cette lancée, ce groupe pourrait prendre une place importante dans la musique moderne. Les futurs Alt-J ! »

 

Alexis Graux, 1S2

Broken Back : un dos brisé pour faire danser le public du Grand Mix ?

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Jeudi 21 janvier, les lycéens de l’atelier “Passe ta chronique d’abord” se sont retrouvés pour un nouveau concert dans la salle voisine du lycée. Après l’univers aigre-doux (ou doucereux ?) de Tim Dup, artiste à peine plus âgé qu’eux, ils ont goûté à la folk électro de Broken Back, ancien étudiant Lillois. Et quand les filles font un selfie avec le chanteur-compositeur de 20 ans (on attend la photo…), Jean-Philippe récupère la baguette (cassée) du batteur  de Broken Back :  de vraies groupies !

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Voici une annonce du concert rédigée par quelques uns de nos journalistes en herbe : court mais efficace !

 » Le jeune frenchie Broken Back prépare le Grand Mix à un incroyable voyage mêlant cordes frottées et voix envoûtante. De retour sur le territoire nordiste, l’ancien étudiant lillois (EDHEC) accompagné de Sam son batteur et acolyte, nous dévoilera l’univers de son EP « Dear Misfortune, Mother of Joy ».

Son style folk habillé de sonorités électro résonnera dans la salle du Grand Mix ce jeudi 21 janvier. »

 

Racine à Douchy !

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A la question d’Hermione, “Où suis-je ? “, ouvrant l’acte V d’Andromaque, un étudiant de CPGE du lycée Colbert a très judicieusement répondu : « A Douchy-les-Mines » !

Et oui, pour les deux classes de prépa et leurs professeurs, les vacances commençaient le vendredi 18 décembre à 23h 30 sur le parvis du lycée après une représentation de la pièce de Racine au programme du concours. Anthony Magnier a choisi de mettre en scène les passions des personnages raciniens dans toute leur violence et leur modernité : des corps , du sang, des cendres, des convulsions sur la scène de l’Imaginaire !

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Des Etincelles au Salon de Théâtre de la Virgule

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Mardi 26 janvier, les étudiants de 1BTSM, 1BTSNEC et 1BTST ont assisté à la représentation d’Etincelles. Cette pièce, écrite et mise en scène par Laura Sicignano, présente un fait qui a marqué l’histoire de l’industrie américaine : le 25 mars 1911, une usine textile au plein cœur de New York s’embrase en 18 minutes et fait 146 morts, essentiellement de très jeunes-filles fraîchement immigrées pour vivre le rêve américain. Très belle performance de Patricia Pekmezian seule en scène pour jouer un texte appris en trois semaines seulement… Merci à elle d’avoir répondu avec enthousiasme aux questions des étudiants !

A lire bientôt : les critiques du spectacle.

Folk mélancolique au lycée Cobert ! Lena Deluxe interviewée par les lycéens de « Passe ta chronique d’abord !»

 

 

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L’artiste rock-folk originaire de Roubaix s’est prêtée avec générosité à l’interview préparée par nos lycéens-journalistes. A des questions aussi variées que « Pouvez- vous nous raconter un fait marquant de votre  adolescence ?  » de Jean-Philippe ou  « Vous voyez-vous encore chanter dans vingt ans ? » de Méline en passant par « Qu’est-ce qui vous inspire pour l’écriture de vos chansons ? » de Joey, Lena Deluxe a apporté des réponses riches et sensibles.

La rencontre se termine par l’interprétation de « Kill the king » à la guitare, titre extrait de son dernier album Mirrors for heroes enregistré dans une église de New York par le producteur de Madonna et Michael Jackson !

A très vite sur le blog culture du lycée pour lire l’interview qui sera retravaillée lors des prochains ateliers (https://colbertculture.wordpress.com/)

https://www.youtube.com/watch?v=UNSuZxLbc6k  (clip  de « Kill the king »)

 

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